Esprit Kimono I dit "Kimono rouge"Esprit Kimono I dit "Kimono rouge"

Détails d' "Esprit Kimono II" présenté ci-contre dans son intégralité.

Série "esprit kimono"

 

Les kimonos sont un monde en soi.

Ce qui m'a d'abord et immédiatement plu dans les kimonos, au delà de ce que tout occidental y voit (l'allure impériale qu'ils donnent à toute personne qui les porte, les tissus somptueux, les motifs d'une finesse et d'une beauté à couper le souffle)
c'est, dans certains tissus, le mariage tout à fait improbable de certaines couleurs.
Par exemple le rouge et le rose fuchsia qu'en France il est souvent de très mauvais goût d'associer.

Mais les japonais ont une audace telle dans leurs tissus, que je suis absolument subjuguée.
Les tissus et les motifs des kimonos japonais peuvent être à la fois aussi raffinés qu'éclatants, et c'est pour chaque nouveau vêtement un éblouissement. 
Il me semble que les kimonos renferment aussi en cela toute la dualité entre le Japon et l'influence chinoise.
L'or utilisé dans les broderies, à profusion sur certains kimonos, les motifs exubérants et extrêmement colorés des fleurs ou de toutes sortes de motifs végétaux.
De larges grappes de fleurs nonchalamment disposées sur des lianes alanguies.
De magnifiques pivoines, dont on perçoit les nervures des pétales aux couleurs profondes.
Les branches torturées et sombres des cerisiers en fleurs.
Et l'or. L'or. L'or.


Toute cette magnificence est si différente de l'éloge de l'ombre ("L'éloge de l'ombre", livre de TANIZAKI) qu'elle traduit pour moi, à sa manière, l'influence chinoise qui s'instille dans toute la société japonaise et dont pourtant elle se défend souvent.
Et puis il y a les oiseaux. Ces grands oiseaux, vénérés par les japonais tout au long de leur art, et qui souvent se déploient sur les larges tissus soyeux des kimonos, étalant ainsi leur majesté et souvent aussi l'acuité de leur regard.